(du 8 au 11 juillet 2006)
Photos : Michel Laborde
Texte : Luc Bouquet 01. Lauren Newton & Joëlle Léandre
Avec Urs Leimgruber et Fritz Hauser, elles ont illuminé ce début de festival. Je suis encore sur la route. Je raterai donc ce concert. Cette année, le festival m’invite à poursuivre un projet initié avec Lucia Recio l’an dernier au festival de Saumane : les duos voix-batterie. Saadet Türköz a accepté mon invitation. Il s’agit de notre première rencontre. Dire que j’ai le trac serait un doux euphémisme.
02. Joëlle Léandre & Lauren Newton : quand les improvisatrices s’improvisent disquaires
C’est la fin du concert. Les musiciens vendent leurs œuvres. Et qui a dit qu’il n’y avait plus personne pour acheter nos disques ?
03 & 04. L’art d’accommoder le programme Jazz à Luz 2006
Potasser le programme du lendemain en attendant le dîner (ce sera sandwich au magret pour moi !) ou confectionner un chapeau de fortune pour s’abriter d’un soleil particulièrement resplendissant cette année.
05. Jean-Luc Cappozzo et Géraldine Keller
Concert matinal pour le trompettiste et la chanteuse. Une magie surréelle nous envahit. Le temps s’arrête. Nous voici embarqués pour un grand voyage fait de chaleur et de générosité. Les musiciens déserteront la scène de la Maison de la Vallée pour le rappel et s’inviteront dans le parc voisin. A regret, nous les quitterons.
06. Ceux du foot et les autres
Une finale de coupe du monde de football mobilise l’hexagone. Après renseignements, le football est un sport qui se pratique avec onze joueurs par équipe. Il faut –parait-il- envoyer un ballon rond au fond d’un filet rectangulaire tandis qu’un grand escogriffe empêche le joueur de l’équipe adverse d’arriver à ses fins (un jour je vous raconterai l’histoire d’un Frank Lowe malmené à l’aéroport de Nice, pendant que paradait dans ce même lieu, un certain Fabien Barthez, gardien de la glorieuse équipe de France). Le public du football est beaucoup plus bruyant qu’un public de musique improvisée et sans doute un peu plus intolérant me signale mon voisin de table. Le concert du soir est donc retardé. Un écran géant est placé dans le verger pour que se régalent les mordus de la baballe (envoi des noms sous pli discret à ceux qui en feront la demande). La France est en finale. Contre l’Italie. Voici qui me laisse froid. Saadet me fait part qu’elle soutient l’équipe d’Italie. Je lui conseille de garder secret ses préférences… les français sont si chauvins. Au fait, qui a gagné ?  | 07. Hasse Poulsen
Quelques crins d’archet n’ont pas résisté à la bourrasque du guitariste danois. Comme d’habitude, il s’était investi à fond, mitraillant l’espace de ses vrilles assassines. Chaque concert d’Hasse Poulsen est un grand moment de magie renouvelée. Ce soir, à nouveau…
08. Speeq
Ils se nomment Mark Sanders (batterie), Luc Ex (basse), Hasse Poulsen (guitare) et Sidsel Andersen et ils viennent de faire chavirer le public du chapiteau. Pourquoi raconter l’irracontable ? Le temps à nouveau s’est arrêté. Energie, sens de l’échange, générosité et humilité : le bonheur se nommait Speeq ce soir-là.
09. Le souffle vu par Jean-Paul Ricard.
Luz c’est aussi des conférences/débat au bistrot du coin. Jean-Paul Ricard, directeur artistique de l’AJMI et président des Allumés du Jazz nous propose un Blindford Test consacré au souffle (la thématique du festival, soit dit en passant). Repêché de la dernière heure, me voici entouré de l’ami Ricard et du saxophoniste Gianni Gebbia dont j’ai loupé (répétition oblige !) le concert avec Dominique Regef et Ramon Lopez (un régal parait-il : je veux bien le croire !). Il est 14 heures de l’après midi mais ne vous méprenez pas : je ne suis pas en train de somnoler mais en train de lorgner in peto les pochettes des musiques que l’ami Ricard essaie de nous faire deviner. Tricheur, va !
10. 69 Sex’tet
Edward Perraud, Jean-Luc Guionnet, Frank Vaillant, Frédéric Galliay, Jean-Philippe Morel et Bart Maris improvisent comme si leur vie en dépendait. Le public du chapiteau reste bouche bée devant cette impressionnante performance. Plus de deux heures de concert et pas un seul temps mort. L’intérêt est sans cesse relancé à chaque seconde. Energie binaire, free jazz tonitruant, on oublie bien vite les formes pour se laisser aller à ce qui fut l’un des plus beaux concerts du festival.
11. Saadet Türköz & Luc Bouquet
M’y voici enfin dans cette Maison de la Vallée dont je garde un souvenir ému pour y avoir joué il y deux ans avec mes amis de la Boumag Connexion (Véronique Magdelenat, Lucia Recio, Bernard Santacruz, Christine Wodrascka). On rajuste quelques lumières et on peut y aller. Ce soir-là, dame Impro fut capricieuse. Il y eut quelques éclairs, quelques sensibilités partagées mais trop de maladresses. Quelque chose qui ne s’est pas trouvé ou alors si brièvement. Public ravi…ça réchauffe le cœur. Merci les amis et à bientôt ! . |